La pratique
Faire de la place à l'intérieur de soi
En hiver, le Qi-Gong devient silencieux. Une méditation toute simple, pour offrir un peu d'espace à ce qui se tait en vous.
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L'hiver, saison de l'Eau
En médecine traditionnelle chinoise, novembre nous fait entrer dans l'hiver, saison de l'élément Eau, associé aux reins. C'est le temps du repli, du repos et de l'intériorité, quand la nature se retire sous la terre pour se régénérer. Vous avez peut-être remarqué que vous aviez envie de ralentir : l'hiver nous y invite, et vous pouvez le faire sans culpabiliser.
Les reins abritent aussi la volonté, le Zhi, et la peur est l'émotion qui leur est associée. Une peur qui peut nous figer quand elle est trop grande, mais qui nous protège quand on l'écoute. L'hiver est ainsi un très beau moment pour regarder avec tendresse ce qui, en nous, hésite, retient ou tiraille.
Le Qi-Gong immobile
On associe souvent le Qi-Gong au mouvement, mais il existe aussi une branche très douce qui se pratique assis ou debout, sans bouger : la méditation, l'observation intérieure, le pilier debout. Elle consiste simplement à être là, avec soi, sans rien chercher à obtenir.
Cette présence est précieuse face à un conflit intérieur. Un conflit se nourrit du bruit et de l'agitation. En créant du silence, on laisse émerger ce qui était couvert : les différentes « parts » de nous qui ne sont pas d'accord entre elles. Cette façon de les nommer vient de la PNL. L'exercice, lui, est bien du Qi-Gong.
En médecine chinoise, le Feu du cœur (le mental, l'agitation) et l'Eau des reins (le calme, l'ancrage) ont besoin de dialoguer. Quand un conflit nous tient, ils s'éloignent : agitation et ruminations d'un côté, fatigue et manque d'ancrage de l'autre. Cette méditation les invite doucement à se retrouver.
Une méditation pour faire de la place
Cette méditation s’adresse tout particulièrement à toute personne qui se sent tiraillée entre deux choix, deux envies ou deux fidélités.
- Environ 10 minutes · assis ou debout · dans le calme, de préférence le soir
- S'installer
Asseyez-vous confortablement sur une chaise, les pieds bien à plat, le dos droit sans raideur, les mains posées sur les cuisses. Fermez les yeux, ou laissez le regard se poser doucement vers le sol. - Respirer vers les reins
Inspirez lentement par le nez en dirigeant l'attention vers le bas-ventre et le bas du dos. Expirez doucement, comme si tout le corps s'enracinait un peu plus. Quelques respirations suffisent pour sentir le calme s'installer. - Faire de la place
Sans rien chercher, imaginez que vous ouvrez en vous un espace vide : une pièce silencieuse, un creux accueillant. Vous n'avez rien à y mettre. Vous laissez simplement de la place. - Accueillir ce qui se présente
Une phrase, une image, une sensation dans le corps peut apparaître. Accueillez-la telle qu'elle est, sans la juger ni chercher à la résoudre. Si deux voix semblent se contredire, laissez-les parler chacune à leur tour. Vous n'avez pas à choisir. Si rien ne vient, c'est très bien aussi : cela viendra peut-être une autre fois. - Remercier
Remerciez intérieurement ce qui s'est exprimé, même si c'était inconfortable. Chaque part de vous cherche, à sa manière, à vous protéger ou à vous guider. - S'ancrer avant de rouvrir les yeux
Posez les mains sur le bas-ventre ou sur les reins, sentez vos pieds sur le sol. Respirez profondément trois fois, puis ouvrez les yeux doucement. Si vous le souhaitez, notez quelques mots de ce qui est venu.
Quelques repères, avec bienveillance
Cet exercice peut faire remonter des émotions parfois fortes. Prenez toujours le temps de l'ancrage final, et revenez à vos sensations (les pieds, les mains, la respiration) si cela devient trop intense. Vous pouvez arrêter à tout moment : il n'y a rien à réussir.
L'objectif n'est pas de résoudre le conflit ni de choisir entre deux loyautés : il est seulement d'écouter. Si le conflit est lourd ou ancien, la méditation ne remplace pas un accompagnement, et demander de l'aide est un très beau geste envers soi.
Pour aller plus loin
Vous pouvez pratiquer cette méditation une fois par semaine, ou chaque fois qu'un tiraillement revient. Avec le temps, vous remarquerez peut-être que l'espace en vous s'agrandit : ce qui était un nœud devient une conversation, et la conversation, petit à petit, une décision qui vous ressemble.
Écrit par
Isabelle Jamin
Enseignante certifiée Institut Traditionnel d'Enseignement du Qi-Gong (ITEQG - PARIS) depuis 2020. J'enseigne à Bar-le-Duc, Ligny-en-Barrois, Nicey-sur-Aire et Houdelaincourt.
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